
Le fonds d’archives Anouar Hatem a été mis à disposition de l’Ιnstitut Polis par sa famille. Il nous plonge dans l’histoire mouvementée de la Syrie moderne, de la fin des années 1930 aux débuts des années 1950 : années marquées par la fin du Mandat Français et les débuts de la première République Syrienne, avant son intégration éphémère à la République Arabe Unie, sous tutelle de l’Égypte nassérienne.
La nature des fonds d’archives : une frontière floue entre public et privé
C’est Anouar Hatem lui-même qui nous guide dans cette immersion. Syrien patriote, il est aussi un homme de lettres francophile.
L’apport des fonds Hatem à la recherche historique est qualitatif plus que quantitatif. On y trouve rarement des séries de documents continues émanant de sources officielles. Au contraire, les notes personnelles y côtoient des brouillons annotés de projets de lois ; des poèmes de jeunesse se retrouvent au milieu de pétitions de chefs tribaux auprès du ministère de l’Intérieur.
C’est précisément leur caractère hybride et éclectique qui en font l’intérêt, si ce n’est le charme. Certes, elles contiennent de nombreux documents officiels – parfois annotés de la main d’Anouar Hatem ou de celle d’un ministre ou chef d’État syriens – mais cela n’en fait pas des archives officielles car elles sont le fruit d’une collection établie par une seule personne, Anouar Hatem. De ce travail de compilation, il n’est cependant guère aisé de retracer l’histoire ou d’établir les mobiles de son auteur.
Le rôle de la carrière politique d’Anouar Hatem dans la constitution des archives
Dès 1941, Anouar Hatem sert l’État syrien à peine indépendant, d’abord comme secrétaire à la Présidence du Conseil, puis comme directeur général de la Présidence et enfin en tant que secrétaire général du gouvernement. Ce sont ces années qui constituent l’essentiel de nos fonds d’archives. On y trouve plusieurs milliers documents émanant de ces organes de l’État syrien sous formes de décrets, décisions ou projets de lois et transmis pour publication au Directorat général de l’information et de la propagande (المديرية العامة الدعاية والانبياء). Il faut y ajouter les bulletins d’information qui émanent de ce même directorat en arabe, français et anglais.
L’année 1953 marque le début de la carrière diplomatique d’Anouar Hatem : il occupe successivement le poste d’ambassadeur auprès du Saint-Siège, au Mexique, en Suisse et en Autriche. Cette dernière période de la carrière d’Anouar Hatem a laissé moins de traces dans les archives que les années passées à servir les différents conseils de la République. On y retrouve des lettres, des notes, des invitations à des réceptions et autres, qui reflètent son activité diplomatique.
Plus intéressants sont les dossiers qu’il a patiemment compilés en vue de la rédaction d’études monographiques. Certaines ont vu le jour. C’est le cas d’une courte étude intitulée Syrie, 1938 : une réponse à un article paru dans la Revue des Deux Mondes. D’autres sont, hélas, restées à l’état de projets, telle cette étude sur l’affaire du sandjak d’Alexandrette (1937-1939).
Une étude de cas : l’affaire du Sandjak d’Alexandrette
Des archives d’Anouar Hatem, quelques études de cas se dégagent qui pourront profiter aux chercheurs. La célèbre affaire du sandjak d’Alexandrette (Iskenderun en Turquie actuelle) en est l'une des plus emblématiques. Anouar Hatem lui a consacré toute son attention de chercheur et de serviteur de l’État. Il s’est ainsi appliqué à compiler une documentation étoffée faite de documents officiels, de monographies et de notes personnelles. Dans cette entreprise, il fait preuve à la fois d’acuité de jugement et de patriotisme.
Le désengagement de la France de ce territoire du nord de la Syrie devant la politique expansionniste de la Turquie d’Atatürk semble, en effet, avoir profondément blessé l’âme syrienne d’Anouar Hatem.
Le projet prend alors forme quand il rassemble un dossier destiné à la publication d’un ouvrage qui ne verra, hélas, jamais le jour. Les raisons qui motivent l’abandon du projet restent inconnues. On peut avancer l’activité intense de son auteur au service de l’État, la scène internationale en pleine ébullition (début de l’affrontement des deux Blocs ; guerre israélo-arabe de 1948, etc.), ou encore l’instabilité politique interne. Autant de raisons qui ont pu reléguer un incident diplomatique vieux de plus de dix ans au second plan des problèmes géopolitiques.
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Le travail de numérisation et de catalogage des archives a débuté en juillet 2021. Actuellement, environ trois quarts des archives ont été numérisées et cataloguées. Vous pouvez accéder aux catalogues disponibles dans le document suivant :
L'institut Polis ne prend pas en charge les frais associés à cet accès qui seront à la charge du chercheur.
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La sélection suivante présente un échantillon des archives numérisées.
Chaque page inclut un fichier PDF recensant les documents, ainsi qu’un ensemble d’images scannées, consultables individuellement en haute résolution.
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Folder17_husni_el_zaim_selection (PDF + 44 images)
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